Cette rencontre avait pour objectif de favoriser le partage de connaissances, de bonnes pratiques et d’expériences dans plusieurs domaines, notamment la recherche, la formation, la réglementation, le contrôle de la qualité et l’intégration de la médecine traditionnelle dans les systèmes nationaux de santé.
Présentant les spécificités de la médecine traditionnelle tchadienne, Mahamat Hassan, chef du service informatique et statistiques de l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine, a expliqué qu’elle repose sur un ensemble de connaissances, de pratiques et de croyances destinées à prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies. Elle s’appuie notamment sur l’utilisation de ressources naturelles telles que les plantes, les minéraux et certains produits d’origine animale, ainsi que sur des pratiques culturelles et spirituelles transmises de génération en génération.
De son côté, la Professeure Liao Chencong, enseignante à l’École supérieure professionnelle de santé de la province de Gannan, en Chine, et membre de la 21ᵉ équipe médicale chinoise de l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine, a présenté la médecine traditionnelle chinoise comme un système de soins reposant sur une longue tradition. Elle a notamment mis en avant son approche fondée sur l’entretien de l’énergie vitale et la recherche d’un équilibre global de l’organisme, en complément de la médecine moderne.
Pour Abdelhafiz Ahmadaï Moussa, directeur exécutif du Centre de formation en médecine traditionnelle chinoise, ce forum constitue une plateforme privilégiée de dialogue, de partage d’expériences et d’apprentissage mutuel. Il a estimé que la rencontre dépasse le simple échange de connaissances et traduit une volonté commune de construire un partenariat durable, fondé sur la confiance, le respect mutuel et la complémentarité des expertises.
La place importante de la médecine traditionnelle dans le système de santé tchadien a également été soulignée. Seid Abakar Bechir, directeur de la Pharmacopée et de la Médecine traditionnelle tchadienne, a indiqué qu’elle constitue le premier recours pour plus de 80 % de la population, notamment dans les zones rurales. Selon lui, ce secteur repose sur un savoir ancestral et une biodiversité particulièrement riche.
Cependant, plusieurs défis doivent encore être relevés pour permettre à la médecine traditionnelle de mieux s’intégrer au système de santé moderne. Il a notamment cité la standardisation des remèdes, la codification des savoirs traditionnels, la formation des praticiens et la protection de la propriété intellectuelle.
La Chine entend, pour sa part, poursuivre son accompagnement dans ce domaine. Le chef de la 21ᵉ équipe médicale chinoise de l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine, Song Zhifeng, a relevé les complémentarités entre les deux pays en matière de médecine traditionnelle. Il a également salué les premiers résultats du Centre de formation aux techniques appropriées de médecine traditionnelle chinoise, qui permet progressivement à des praticiens tchadiens de se familiariser avec certaines techniques issues de la tradition médicale chinoise.
À travers ce forum, le Tchad et la Chine entendent ainsi renforcer leur coopération sanitaire en valorisant leurs savoirs et leurs expériences respectifs. Une dynamique qui s’inscrit dans la continuité de la coopération médicale entre les deux pays, notamment à travers la présence des équipes médicales chinoises au Tchad et les initiatives consacrées au développement de la médecine traditionnelle chinoise.
Cette rencontre ouvre ainsi la voie à de nouvelles perspectives de collaboration dans la recherche, la formation et la valorisation des pratiques traditionnelles, avec l’ambition de contribuer à des systèmes de santé plus accessibles et mieux adaptés aux réalités culturelles des populations.